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Numéro 34 - Octobre 2005
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Ami, vous qui êtes de passage… Vous êtes convié à venir visiter régulièrement notre site. Vous y trouverez tous les mois de nouveaux articles sur le thème de « la Tradition », des articles inédits, des poèmes, des études historiques, des manuscrits et des symboles graphiques… |
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| Sommaire
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Le 3 octobre prochain, une éclipse annulaire sera visible en Europe. L'ombre de la Lune se dirigera d'ouest en est, traversant le Portugal, l'Espagne, puis l'Algérie, la Tunisie, la Libye, le nord du Tchad, le Soudan, le sud-est de l'Ethiopie, le Kenya et le sud de la Somalie. Elle terminera sa course au milieu de l'océan Indien. Cette éclipse de Soleil sera partielle en France métropolitaine, avec une grandeur d'autant plus importante que l'observateur sera situé vers le Sud-Ouest, le matin. A Paris, la grandeur maximale sera de 70,10%, à Hendaye elle atteindra 88 %. Le prochain rendez-vous avec une éclipse sera le 29 mars 2006. Le Soleil en fin croissant : c’est le spectacle qu'il nous sera donné d’admirer lundi 3 octobre dans la matinée. Partielle en France, cette éclipse de Soleil est annulaire en Espagne, en Algérie et en Tunisie. C’est sans aucun doute le plus grand événement astronomique en Europe depuis 1999. La nuit en plein jour dans l’Algérois L’Algérie assistera durant le 3 octobre prochain, jour de la nuit du doute du Ramadan, à une éclipse annulaire du soleil. Selon un communiqué de l’association Sirius d’astronomie, parvenu hier à notre rédaction, la zone d’annularité où le phénomène astronomique sera total s’étend de la région centrale nord jusqu’à la frontière sud tunisienne. Un certain nombre de grandes villes se trouvent situées en position optimale pour son observation, notamment Alger, Tizi Ouzou, Sétif et Batna. La bande d’annularité passera d’abord par l’Espagne, toutefois les conditions météorologiques médiocres en cette période de l’année pour l’Europe mettront l’Algérie en position plus favorable pour une pleine observation du phénomène, ajoute le communiqué. L’éclipse débutera à 9h41 (heure locale) sur l’océan Atlantique, pour traverser ensuite le Portugal et l’Espagne. La bande d’annularité atteindra, selon l’association, les côtes algériennes à partir de 10h08 pour obscurcir le ciel sur le front Alger-Boumerdès-Béjaïa. Elle continuera sa progression vers le sud-est traversant les wilayas de Tizi Ouzou, Bouira, Bordj Bou Arréridj, Sétif, Constantine, Batna, Oum El Bouagui et Biskra. Le phénomène d’obscuration durant des phases partielles de l’éclipse commence bien avant, précise le communiqué. Ainsi, à 8h45, les Algérois pourront observer le début de l’effacement du bord inférieur du Soleil par le disque lunaire. Le degré d’obscuration sera minimal à Tindouf où il atteindra environ 60%. La tache d’obscurité quittera ensuite l’Algérie vers 10h15 pour traverser la Tunisie puis la Libye et le Soudan par leurs diagonales, ajoute encore le communiqué. Certes, l’éclipse annulaire ne sera pas totale vu que la Lune se déplaçant légèrement plus loin sur son orbite ne couvrira pas totalement le disque solaire laissant une zone annulaire du Soleil illuminée, elle constituera toutefois un cas de conjonction parfaite. L’association Sirius explique dans son communiqué que la Lune se positionnera entre le Soleil et la Terre, voilant ainsi la lumière du Soleil dont le diamètre apparent sera supérieur à celui de la Lune. Aussi, et lorsque l’alignement des 3 astres (Soleil, Lune et Terre) est imparfait, la Lune n’occultera pas entièrement le Soleil et produira une éclipse annulaire, où la partie visible du Soleil prendra la forme d’un anneau. Naïma
HAMIDACHE ©
Les anciens accordaient beaucoup d'importance aux éclipses. Sans doute à cause de leur côté spectaculaire, et aussi parce que leur connaissance de l'Univers était encore plus limitée que la nôtre. Parmi eux Ptolémée, surnommé plus tard le “Prince des astrologues” et dont l'ouvrage le plus connu "Tétrabiblos" nous offre quelques ficelles pour interpréter les éclipses (Editions Vernal/Philippe Lebaud). D'après cet auteur, plusieurs règles sont à retenir : - L'éclipse concerne seulement la partie du monde où elle est au-dessus de l'horizon et touche essentiellement le ou les pays correspondant au signe où elle se produit. En outre, elle est encore plus efficace lorsqu'elle tombe sur l'Ascendant d'un Prince ou d'une nation, l'un des luminaires ou le Milieu du ciel. Remarques: L'importance que les anciens accordaient aux signes concernés par le phénomène paraît assez arbitraire. Nous le constatons à notre époque avec les divergences existant à propos de l'attribution d'un signe ou d'un autre à tel pays ou telle ville. Si nous dressons la liste de toutes les attributions relevées par divers auteurs, en nous limitant aux plus connus, chaque pays se retrouve dans quatre ou cinq archétypes zodiacaux ! Toute classification paraît donc subjective, surtout à notre époque où les Présidents et les lois changent très souvent et où les frontières sont redéfinies en permanence. Cependant, comme nous le verrons dans l'application en fin de cours, les anciens avaient affiné leurs interprétations et celles-ci frôlaient bien souvent la réalité.- Le Thème de l'éclipse ayant été dressé, on y évalue la durée de l'obscurcissement en heures équinoxiales. La durée de l'éclipse “mesure” un événement à raison d'une année par heure d'éclipse de Soleil et d'un mois par heure d'éclipse lunaire. De plus les angles du Thème revêtent une importance non négligeable. - Se produisant à l'Ascendant, l'effet de l'éclipse se produit dans les quatre mois qui viennent et le maximum est atteint dans le premier tiers de la durée (en gros les trois premières semaines). - Se produisant au MC, le début est pour les quatre mois suivants, et le maximum atteint dans le second tiers de sa durée (vers le sixième mois après la date de l'éclipse). - Au DS, les effets ne débutent que dans les quatre mois au-delà du huitième et le maximum tombe dans la dernière partie du temps de la durée (environ onze mois après). Ptolémée termine ce chapitre par : “ Quand
aux augmentations et diminutions particulières
des effets, nous les jugerons selon les conjonctions
qui, pendant ce temps, arriveront sur les
lieux de l'éclipse ou sur ceux qui
les regardent.” - Egalement important, le Seigneur du lieu de l'éclipse qui est soit la planète maîtresse du Thème en fonction des critères classiques : signes, planètes, aspects, domiciles en lui adjoignant les étoiles fixes, soit l'angle particulier (AS, MC etc...) sous lequel se passe l'éclipse et qui va transiter celle-ci lors du mouvement diurne. Quant à l'interprétation, elle repose sur les critères suivants : L'espèce humaine est concernée par les signes humains (Gémeaux, Vierge, Verseau), le bétail par les signes d'animaux; quant aux signes d'Eau ils font craindre les tempêtes et inondations, tout comme ceux de Terre les tremblements de... terre. Les signes Fixes concernent les édifices, les Cardinaux les religions etc... Enfin, l'importance à accorder à l'éclipse, sa gravité, dépend de plusieurs autres facteurs tels les maîtres de l'Ascendant, les éléments en cause etc... Voilà donc comment le plus connu des anciens procédait pour analyser une éclipse. Depuis, beaucoup d'astrologues, dont Morin de Villefranche, ont contesté ces techniques. Et ils n'ont pas tout à fait tort... Comme nous pouvons le constater dans le graphisme de la page 4, l'étroite bande du cône d'une éclipse solaire dessine un arc s'étendant parfois sur des milliers de kilomètres. Quand bien même nous découpions cette longueur en petites tranches de cinquante kilomètres, il nous faudrait dresser des dizaines de Cartes du ciel de l'éclipse pour évaluer avec le plus de précision ses "effets"! Mis à part le fait qu'elles puissent toutes comporter une conjonction Soleil/Lune plus ou moins exacte et les planètes dans les mêmes signes, aucune ne pourrait avoir les mêmes angularités. Difficile dans ce cas-là d'interpréter quoi que ce soit ! Alors, est-ce que les éclipses ont une réelle portée dans le cours des événements ? Quelle est leur réelle importance ? C'est ce que nous allons tenter de développer dans le chapitre suivant. Le Dictionnaire nous propose comme synonymes d'éclipser, les mots suivants : cacher, voiler, surpasser, esquiver et celui qui correspond le mieux au sens analogique du point de vue astronomique et astrologique : occulter. Un luminaire passe devant l'autre et le cache, l'occulte. C'est du point de vue symbolique que l'éclipse semble jouer. Nous le constaterons encore mieux en nativité, où le sens de l'éclipse est clairement signifiée dans sa symbolique. L'éclipse solaire en nativité A la pratique en effet il s'avère que les individus ayant une conjonction Lune/Soleil étroite sont des êtres pour lesquels les parents comptent beaucoup. Le Soleil étant en analogie avec le père (animus) et la Lune avec la mère (anima), il se produit dans leur psyché comme un amalgame entre le principe masculin et le principe féminin. De ce fait, ils considèrent inconsciemment qu'il s'agit d'une même entité et, par là même, que leurs parents sont inséparables, indissociables. Ils trouveront leur réalisation dans la compréhension de leur individualité et dans la fusion de l'anima/animus en eux. Or, lors d'une éclipse solaire - que nous pouvons visualiser sur la Carte du Ciel par le fait que la conjonction des luminaires se produit à proximité de l'axe des Noeuds Lunaires - la Lune occulte le Soleil, le fait donc disparaître. La mère du natif (la Lune) éclipse le père (le Soleil). Et ceci a plus d'importance qu'on ne le croit sur le plan psychologique. La Lune étant en analogie avec la sensibilité, l'imaginaire, le côté émotionnel de l'être, ces plans là vont avoir la primeur sur la personnalité et le pouvoir de création que représente le Soleil. A la pratique, il s'avère que ces natifs sont tellement imprégnés de la force et de la présence de la mère qu'ils “oublient” de se réaliser, de briller (Soleil) par leur propre personnalité. C'est vers l'âge de Saturne - la Lune par progression ayant effectué le tour complet du Zodiaque - que le natif ou la native réalise que l'acquis lunaire est à replacer dans un contexte solaire. En clair, qu'il ne suffit plus de rêver mais qu'il est important de concrétiser ces rêves par la créativité. En général, c'est l'âge pour une femme d'enfanter (pro-création) et pour un homme celui où il devient responsable, dans sa famille ou dans son travail, où il retrouve ainsi l'image du père qu'il avait inconsciemment occultée. Patrick Giani © – Les éclipses (extrait) Les livrets bleus - publications astrologiques de l'association Jupitair. |
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En 1834, à Marseille, un Compagnon Étranger, tailleur de pierre, nommé Montescaut, et par les siens, la prudence de Marmande, fut lâchement assassiné par un sergent de ville; les Compagnons des différents Devoirs en furent également affligés, aussi se rapprochèrent-ils, et accompagnèrent en bon ordre le défunt jusqu'à la tombe qui le reçut âgé de trente ans: ce jour fut un jour de deuil, d'union et de sympathie dont le souvenir ne s'effacera jamais de la mémoire des Compagnons. Immédiatement après cet événement le corps des sergents de ville fut dissout, et depuis il n'est plus reparu dans la ville de Marseille. En 1838, à Auxerre, plusieurs Compagnons furent écrasés sous la chute d'un corps pesant; les Sociétés firent encore cause commune pour s'acquitter d'un dernier et pénible devoir. Les malheurs, la tristesse, la vue du néant rapprochent souvent les hommes: puissent-ils se rapprocher un jour sans y être sollicités par la crainte et la terreur ! Concours Quand une Société est établie dans une ville elle veut, cela est très commun, en exploiter toute seule les travaux. Si une autre Société de gens du même état vient s'y établir, des querelles éclatent. Il arrive qu'après s'être battues violemment, les Sociétés se défient au travail, alors chacune d'elles réunit ses meilleurs ouvriers et produit un chef d'œuvre; cela fait, on assemble un nombre d'hommes consciencieux et experts dans la partie de l'architecture et du trait, et on leur soumet les chefs-d'œuvre rivaux qui sont comparés et jugés…. Les Compagnons vainqueurs obtiennent une grande gloire, les Compagnons vaincus une honte éternelle; de plus, ils doivent quitter la ville ou donner aux vainqueurs une somme d'argent, cela dépend des conditions du concours. Il y a cent quinze ans, les Compagnons Étrangers tailleurs de pierre et les Compagnons Passants du même état, jouèrent la ville de Lyon: les derniers perdirent, et se soumettant au mauvais sort, quittèrent la ville lyonnaise; mais cent ans plus tard, les temps d'exils étant expirés, ils crurent pouvoir retourner dans une ville redevenue libre, et y travailler de nouveau; mais leurs rivaux ne l'entendirent pas ainsi, quoique très nombreux, les passants furent repoussés; ils se rejetèrent alors sur Tournus où l'on taille la pierre pour Lyon, les étrangers voulurent encore les repousser, on se battit, il y eut des blessés, il y eut des morts, et les autorités elles-mêmes ne furent point respectées. À la suite de cette bataille, plusieurs Compagnons furent mis en prison, d'autres aux galères; et, je crois pouvoir le dire, j’avais parmi ces derniers un ami que l'on pouvait citer comme un modèle de sagesse et de dévouement: tels sont les résultats ordinaires de ces concours de Société à Société qui, cependant, auraient du bon si l'on était plus éclairé et plus raisonnable. Les serruriers des deux partis eurent à Marseille, en l'année 1808, un concours entre eux. Les Dévorants avaient remis leur cause à un Dauphiné, les Gavots à un Lyonnais, les deux concurrents rivaux, comme cela se pratique toujours dans ces sortes d'affaires, furent renfermés chacun dans une chambre, les Gavots gardaient à vue le Dévorant, les Dévorants gardaient de même le Gavot. On ne faisait passer aux deux travailleurs que les aliments qui conservent la vie, et les matériaux nécessaires à la confection de leurs ouvrages; mais point de traités spéciaux, point de conseils, ni parlés, ni écrits. Chacun devait avoir, selon l'antique usage, tout son génie dans sa tête, tous ses moyens d'exécution dans ses bras et dans ses mains. Après plusieurs mois de claustration, les concurrents furent libres et leurs travaux présentés aux juges. Le Dauphiné avait achevé sa serrure que l'on dit fort belle, et la clef de cette serrure plus belle encore; l'autre avait passé tout son temps à faire des outils qui étaient, dit-on, des petits chefs-d'œuvre, mais sa serrure n'était pas seulement commencée; il eut perdu et sa Société perdit avec lui. Le Lyonnais fut accusé par ses co-associés de s'être vendu, de les avoir trahis. Il partit de Marseille, et depuis on ne l'a plus revu; il s'est caché à tous les yeux, on ne sait ce qu'il est devenu. Ce concours engendra des batailles comme d'habitude. En 1803, à Montpellier, les menuisiers des deux partis se provoquèrent; il fallut concourir, chaque parti commença une chaire à prêcher; mais les travaux n'étaient pas encore terminés que des contestations s'élevèrent; on se battit, puis, des deux côtés on chanta victoire, et la conclusion ne fut pas claire; demandez aux Dévorants: qui a gagné, ils répondront c'est nous. Adressez la même question aux Gavots, ils répondront encore: c'est nous. Il faut cependant rendre justice aux travailleurs; j’ai vu la chaire des Gavots, et on ne peut en disconvenir, c'est un ouvrage remarquable; je n'ai pas vu celle des Dévorants, mais je suis persuadé qu'elle est fort belle aussi. Les jeunes concurrents, de part et d'autre, avaient un bien grand mérite. Quel malheur que ces concours n'aient jamais pour résultats que bouleversements et frais énormes: c'est pour cela aussi que je n'en suis point partisan, quoique je reconnaisse la puissance de l'émulation et de la gloire. Batailles et assassinats Les Compagnons se battent encore de nos jours, mais autrefois leurs batailles étaient bien plus fréquentes et plus sanglantes. Il paraît que vers l'année 1730 il y eut dans la plaine de La Crau, entre Arles et Salon, une affaire importante: les Compagnons de Salomon d'une part, et ceux de Jacques et de Soubise de l'autre, s'étant provoqués, se donnèrent rendez-vous dans la plaine pierreuse et immense que je viens de nommer. Les tailleurs de pierre, les menuisiers, les serruriers des deux partis, et des volontaires de beaucoup d'autres corps d'états, partirent par troupe de Marseille, d'Avignon, de Montpellier, de Nîmes, et arrivèrent au jour convenu sur le lieu désigné; ils étaient armés de compas, de bâtons et d'armes à feu; la mêlée fut longue et terrible, le sang coula à flots, et grand nombre de cadavres restèrent sur place: ce fut avec beaucoup de peine que les troupes appelées sur la place parvinrent à rétablir l'ordre. Après cette bataille, comme d'usage, chaque parti dû s'attribuer le succès; on a conservé ce refrain d'une chanson qui a dû être faite dans un temps assez reculé : Vivent les Gavots, En 1816, une affaire très sérieuse eut lieu dans le Languedoc, entre Vergère et Muse, deux petits hameaux peu éloignés de Lunel. Les tailleurs de pierre des deux fondateurs faisaient là de grands travaux de construction: la concurrence, la jalousie les excita les uns contre les autres, un rendez-vous fut assigné, chaque parti appela ses alliés; on s'y rendit de vingt lieues à la ronde. Le combat s'engagea et fut conduit avec un certain ordre, il dura longtemps. Il paraît que Sans-façon, de Grenoble, Compagnon Étranger, sorti depuis peu de la garde impériale, était armé d'une fourche et en menaçait, parmi les siens, quiconque faisait mine de reculer. On n'avait demandé que les hommes de bonne volonté; mais il fallait, une fois engagé dans le combat, montrer de la bravoure. Ce jour fut le dernier de beaucoup de Compagnons; voici un couplet d'une longue chanson qui se rapporte à cette rude affaire : Entre Vergère
et Muse nos honnêtes Compagnons REFRAIN Pas de charge
en avant, Toute la chanson est dans le même goût, et chaque Société, en changeant quelques mots, l'adapte à son usage. Les Dévorants remplacent Chiens capons par Loups capons, et les deux derniers vers du refrain par ceux-ci : Tous ces faux
Compagnons Je ne puis retracer ici toutes les luttes déplorables qui ont ensanglanté notre pays; je me bornerai à rappeler brièvement quelques faits moins anciens. En 1823, à Bordeaux, un Compagnon serrurier, né dans le Bugey, reçut la nuit, en se retirant pour aller se coucher, le coup de la mort: je ne sais si c'est à propos de cet événement ou d'un autre, que je n'ai pas connu, qu'on fit la chanson dont voici un couplet : En mil huit
cent vingt-cinq, Dans le commencement de 1825, il y eut une lutte à Nantes, entre les Gavots et les Forgerons: un de ces derniers fut tué. Dans la même année, à Bordeaux, il y eut une lutte entre les Forgerons et les Sociétaires. Un de ces derniers, jeune enfant de La Beauce, partant pour aller revoir son pays et sa famille, et que ses co-associés accompagnaient sur la route de Bordeaux à Paris, fut tué. C'était un dimanche de Fête-dieu, j'allais, par hasard, me promener seul de ce côte, et je rencontrai sur le milieu du pont son cadavre sanglant, rapporté en ville, par plusieurs de ses confrères, sur un brancard improvisé avec des branches d'arbres. Je ne parlerai pas de mes impressions, chacun pourra bien les comprendre. En 1827, à Blois, les Drilles allèrent assiéger les Gavots chez leur mère: deux charpentiers furent tués, un menuisier eut plusieurs côtes enfoncées, un second reçut plusieurs coups de compas dans le ventre, un troisième plusieurs coups de sabre sur la tête, car des soldats ivres s'étaient joints aux assaillants. En 1833, à Marseille, un Compagnon de Liberté fut tué par un Compagnon Passant. En 1836, à Lyon, un Compagnon charpentier de Soubise, tua un Compagnon tanneur de maître Jacques. En 1837, à Lyon, un forgeron de maître Jacques tua un charron du même fondateur. En 1840, à Usez, un cordonnier, enfant de maître Jacques, a donné la mort à un charpentier du père Soubise. Le 15 avril 1841, à Grenoble, plusieurs boulangers de la Société de l'Union, dit les Sociétaires, ont frappé de cinq coups de couteau sur la tête, un de leur confrère en métier, mais appartenant à une autre Société que la leur. Voilà comment les Sociétés d'ouvriers se déciment : ouvrira-t-on les yeux? Renoncera-t-on à tant de barbarie? Je l'espère. Agricol
Perdiguier, Le livre du compagnonnage,
Paris, Pagnerre éditeur. 1841, |
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Les poudroiements atmosphériques Des couleurs et des sons Bien au-delà des marches L’accouchement de Pinochia Dans les ailes de Lumière Tu trouveras le sourire de mon enemy Charlie Chaplin et le Brouillard humain Le Maître des Bulles et le voleur de Formes Cité d’émoi Equivoque samba de courses nocturnes en horizons finis Jeanne Azuki parfume d’or et d’encens Son corps énamouré Dis-moi Quand file sur la bande L’oiseau bleu Vers un autre Monde Le
site du mois Arcadia – la
LdT No 34, octobre 2005 |
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| Maître Philippe de Lyon
On ne peut pas classer Monsieur Philippe comme fondateur, successeur ou comme ayant appartenu à un ordre Initiatique Ancien ou récent. Cependant, son impact sur quelques unes des figures de proue de ces ordres fut certainement considérable. Je citerai pour mémoire les plus connus, Papus, Sedir, Marc Haven etc. Eux-mêmes participant à des degrés divers aux organisations initiatiques de l'époque, Martinisme, Maçonnerie, Église Gnostique, O.F.B. Loge, etc. Par les documents que j'ai pu consulter, j'ai de fortes raisons de penser qu'il ne s'agissait là que de la partie visible de l'iceberg. Un nombre considérable d'occultistes, de spiritualistes, de chercheurs et d'hommes politiques le consulta à des degrés divers. Je crois qu'il possédait une étrange faculté. Quel que soit le milieu, ou les circonstances le conduisant à agir, il s'y assimilait. Pour les soyeux lyonnais, c'était un « guérisseur », il faut le dire, hors du commun, pour les hommes de foi un saint, pour ses ennemis un sorcier alcoolique, pour les occultistes un thaumaturge, pour les politiciens un agent secret, et pour les joueurs de boules de la place Belle-court, un agréable partenaire. Il était né avec ces dons. Tenait-il les pouvoirs qu'il manifesta pleinement par la suite d'une précédente et extraordinaire vie, comme le livre de Marc Haven le laisse soupçonner, d'un héritage familial, d'une mission particulière de réouverture du « Livre de Vie » ? Autant de gens, de rencontres, et comme toujours, autant d'opinions. Parfois, il se concentrait un instant ; il demandait au Ciel ou parfois, selon sa formule, il lui arrivait de dire « il me plaît que... » ; il priait, suivant les formes les plus classiques, du Notre Père et du Je Vous salue Marie, il ne se référait qu'à l'Evangile, au Père ou au Christ. Très jeune, il donne des séances de guérison à Lyon, suivant en cela une méthode particulière, débordant largement le cadre du simple magnétisme curatif. Cela pourrait tenir en quelques phrases, édifiantes à plus d'un titre sur la validité et l'efficacité du pouvoir. « J'ai reçu le pouvoir de commander », « je vous affirme que j'ai un grade qui me permet de pardonner les fautes ». Sans cesse, il revenait sur les enseignements donnés aux séances quotidiennes, en insistant sur l'humilité, la prière et l'amour du prochain, sans lesquels toute tentative de soigner les malades resterait inopérante dans le temps. Il assuma cependant des cours, d'un rapport tout relatif avec ceux donnés par Hector Durville à Paris, sur un « magnétisme » très particulier. Lui-même n'utilisait jamais les passes. Ses cours étaient illustrés par des expériences surprenantes. On y baignait véritablement dans un autre monde où le miracle était constant ; avec démonstration physique à chaque instant de ce qui était avancé. Au cours du 26 décembre 1895, où 75 personnes étaient présentes, on note l'expérience suivante : « Je vais prendre une quantité considérable de fluide magnétique dans un pays que vous ne connaissez pas. Je vais le rendre tangible, c'est à dire solide, et vous le verrez comme moi ! C'est fait à l'instant même... » Tous les assistants déclarent distinguer parfaitement le fluide dans la main du maître. « Je vais jeter ce fluide sur la glace qui est en face de vous : voyez et entendez ». Au même instant, une terreur affreuse s'empare des assistants, un homme reçoit le fluide en pleine poitrine, ce qui lui occasionne une suffocation proche de l'asphyxie. Le maître dit alors : « Vous ne pourrez faire ces choses que plus tard, mais je peux vous apprendre les opérations afin que vous puissiez fabriquer des fluides magnétiques avec des substances végétales ». « L'armoise, la digitale, etc... sont des plantes magnétiques. Quand on fait des passes, si on en a dans la main, cela augmente la quantité du fluide ». Notons encore ces quelques indications : « II est préférable de soigner les malades avant le soleil levé ou après le soleil couché, la nuit est meilleure ». Il se livra de même à différentes recherches concernant des arcanes médicaux et à cet effet, occupa différents laboratoires. Le plus connu était à la rue du Bœuf, à Lyon. Nous possédons très peu de renseignements sur ces activités et les résultats subséquents. À ma connaissance, seul André Savoret avait repris ces travaux et mis au point quelques remèdes. On y trouvait entre autres des recherches sur l'acide lactique ainsi que le fameux sérum « Héliosine ». Il résultait de l'action prolongée du chlorure de sodium sur une matière riche en kératine. Le docteur Emmanuel Lalande connaissait sans aucun doute l'ensemble de cette pharmacopée. On possède une lettre qu'il adressa à Papus lui suggérant le montage d'un laboratoire spagirique, en association avec celui qu'animait Joli-vet Castelot. Il s'est toujours manifesté, hors initiation, des êtres particulièrement doués. Sans chercher à établir une primauté ou une hiérarchie entre les uns et les autres, ce qui est cependant remarquable, voire quasiment unique ici, c'est l'étendue et la qualité des pouvoirs manifestés par cet être. J'ai, durant des années, soigneusement vérifié l'authenticité des faits relatés. J'ai comparé avec d'autres hommes doués de pouvoirs et je dois dire que les siens demeurent une énigme défiant la raison, l'ascèse, voire la sainteté. Sans doute parce qu'ils sont de l'ordre de la Foi, de la Grâce ou du Mystère. La conclusion que j'en ai déduite est qu'il existe des pouvoirs d'un ordre infiniment supérieur, agissant par l'intermédiaire de paroles simples et de tous les jours, avec comme centre, l'humilité et l'amour. Mais nous sommes ici à mille lieues des litanies, des dieux, des magies, et des savoirs, et cette voie n'est sans doute pas empruntable par tous. Je tenais cependant à la signaler. Ni saint-sulpicienne, ni ésotérique, comme une sorte de clin d'œil d'un humour colossal que Dieu nous adresse de temps en temps. Il modifie ainsi toutes nos logiques, toutes nos constructions et nos schémas, en libérant la Force de ces tyrannies ou de ces « passages obligés » où nous pensions l'avoir entraperçue ou contrainte. François
Trojani – La Lettre de THOT & Arcadia © DR – 2005.
À méditer… « Tous
les préceptes se révoltent
en un seul : Nul n’entrera au Ciel
qu’au jour où rien ne lui coûtera.
Tant qu’un acte à accomplir
pourra lui coûter quelque peine, il
ne sera pas prêt. » À lire… Parus cette année au Mercure Dauphinois, deux ouvrages qui trouveront bonne place dans votre bibliothèque : - De Jean-Baptiste Ravier ; De l'Evangile par les actes et paroles de Maître Philippe de Lyon. - Un Album
souvenir, qui marque le centenaire de la
disparition physique de M. Philippe, avec
de nombreux inédits commentés
par Philippe Collin. La
Carte postale du centenaire – Portrait
de Me Philippe En rubrique >Galerie - Le Portrait de Maître Philippe par Philippe Encausse. Les Amis de l'Arbresle L’association des amis de L’Arbresle, essaie aujourd’hui – in extremis – de sauver de la destruction la propriété de Maître Philippe, «Le Clos Landar» à L’Arbresle, à 25 km de Lyon, lieu où il résida jusqu’en 1905. Voici ce que
cette association nous disait le 30 mai dernier : Afin d'exposer
des photos du Clos Landar, nous avons pris
contact avec les Pourquoi cette lettre ? Nous pensons
que notre ambition de voir cette demeure
préservée, suppose de Les premières réactions Les réactions
après l'émission de télévision
nous confortent dans cette idée L'idéal
serait que l'ensemble du Clos soit acquis
par la municipalité de L'Arbresle le 30 mai 2005. CONTACT - 20
place Sapéon - 69210 L'ARBRESLE LES DERNIERES NOUVELLES (22 septembre 2005) Voici donc les dernières nouvelles, plutôt rassurantes concernant le Clos Landar, du Vice-président des Amis du Vieil Arbresle, Bernard Isnard. « La première étape
va se terminer dans quelques jours ; c'est
finalement la L'association envisage d'en faire un Conservatoire de Grands Hommes ( de l'Arbresle et de la région) où Maître Philippe aura évidement une place de choix. Depuis que nous avons connu la mise en vente du Clos Landar, début avril, nous éditons (gracieusement) une "Lettre du Clos Landar", pour tenir au courant tous les intéressés du déroulement des événements…» Contact // E-mail : amis.arbresle@free.fr
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