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Numéro 36 - Décembre 2005
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Ami, vous qui êtes de passage… Vous êtes convié à venir visiter régulièrement notre site. Vous y trouverez tous les mois de nouveaux articles sur le thème de « la Tradition », des articles inédits, des poèmes, des études historiques, des manuscrits et des symboles graphiques… |
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| Sommaire
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Joyeux Noël à tous nos abonnés ! Avec cette Joconde dénaturée… et mise à toutes les sauces depuis un certain Da Vinci Code. Adulée ou haïe, retrouvez-la sur ce site de recherche, vous y verrez une Joconde complexe à souhait, tantôt méprisante et déçue tantôt joyeuse et surprise, un bon prétexte pour une petite leçon d’histoire de lard… A vous de juger ! Arcadia – La LDT, XII – 2005.
En effet, le monde de l’image est l’objet de bouleversements importants, apportés par l’introduction des techniques numériques dans ses métiers, ses outils et ses productions. Le public a pris conscience de cette métamorphose à travers le cinéma, la télévision ou les jeux vidéo. Cette révolution numérique, si différente soit-elle de celles imaginées avant par la perspective, la photographie, le cinéma ou la télévision, exprime toujours le même besoin de l’homme de représenter le monde en élaborant des codes et des outils spécifiques. La recherche scientifique et industrielle est profondément concernée par cette révolution qui repose sur l’usage de l’ordinateur. Ainsi, à la différence des techniques analogiques de représentation, l’image numérique procède directement des langages logiques et mathématiques de l’informatique. Aujourd’hui associées à toutes sortes d’interfaces, les images nous proposent une nouvelle expérience du monde et de nouveaux moyens d’action sur lui. L’exposition développe deux grands thèmes : l’image numérique et l’imagerie scientifique. « Image numérique » donne l’occasion d’aborder concrètement les principes de la numérisation, de la synthèse et de l’hybridation en mettant le visiteur en situation d’interactivité maximale avec nombre de dispositifs originaux, expérimentaux et artistiques. « Imagerie scientifique » propose une découverte de quelques grands principes de la visualisation scientifique à travers l’exploration concrète du réel et l’expérimentation virtuelle. Il pose les bases d’une « science de la visualisation » qui permet de comprendre comment on peut se représenter et interpréter le monde. La scénographie de l’exposition place le visiteur au coeur des processus de représentation, dans un espace où le plaisir esthétique et le plaisir d’apprendre se nourrissent mutuellement. L’image est à la fois exposée sur de grands écrans comme un pur objet de fascination, et expérimentée sur ces mêmes écrans comme une véritable matière dans des manipulations interactives le plus souvent en temps réel. Des nouvelles de la Joconde sur le site : A
voir aussi : La Joconde Comme c’est souvent le cas des tableaux de Léonard de Vinci, l’histoire de La Joconde demeure obscure : ni l’identité du modèle, ni la commande du portrait, ni le laps de temps pendant lequel Léonard y travailla, voire le conserva par devers lui, ni encore les circonstances dans lesquelles il entra dans la collection royale française ne sont des faits clairement établis. Le recoupement des sources anciennes et des archives florentines donne cependant beaucoup de poids à l’hypothèse selon laquelle il s’agit du portrait de Lisa Gherardini, qui avait épousé en 1495 Francesco del Giocondo, marchand d’étoffes florentin, dont le patronyme, féminisé, lui valut le « surnom » de Gioconda, francisé en « Joconde ». [louvre.edu] texte de Cécile Scailliérez. http://www.educnet.education.fr/louvre/ |
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| De la résurrection
de l’abbé Saunière Histoires d’argent maudit et de diable boiteux, de tombes entrouvertes d’où sortent des marquises en mantilles noires et blanches, de Negri d’Ables. Histoires vraies réellement inventées jusqu’à en perdre haleine, d’abbé mythomane, de prêtre assassiné, de cantatrice mystérieuse, de pouvoirs magiques et de philtres d’amour… De grimoires anciens aussi, dissimulés dans des colonnes creuses… Contes à dormir debout ou allégories subtiles ? Devant tant de chausse-trappes à décrypter le questeur devenu fou tel un enfant aveugle perdu au milieu d’une forêt de songes, à tâtons, recherche une sortie, faute d’inventer une fin à son histoire. Au cœur de ce labyrinthe de brume, déroulant derrière lui une ligne rouge du sang des justes, il s’approche parfois de l’hypothétique centre où, à demi endormi, à demi occulté, veille en embuscade sur un seuil de braises un gardien de feu cornu à souhait officiant comme il se doit, un genou à terre, entièrement satisfait de sa capitation, chargé qu’il est de mentir et d’injurier sans cesse le bon sens comme la vérité. Ainsi de guets-apens en traquenards, le questeur amer troublé par cet autre lui-même, sans autre alternative que de croire à un offertoire corrompu, gave et gobe à satiété la vérité toute crue apportée par les inquisiteurs pourpres et les prêtres enchâssés de certitudes torves dans la faconde mielleuse de leurs connaissances louches. Qu’en est-il vraiment de ces temps de diète, où l’on prend pour argent comptant l’image comme le mot, pour peu qu’ils fussent imprimés d’abondance ou diffusés sur le Web ? De ces sortilèges dissonants, nous en avons un aperçu éminent avec Michel Vallet (1), qui vient de faire paraître dans sa revue Pégase No 12 – (juillet-septembre 2005), deux photographies édifiantes, que nous reproduisons ici avec son autorisation. La première, extraite de « La Clé du mystère de Rennes-le-Château », Pygmalion ed. 1998, par Henry Lincoln, nous présente l’abbé Saunière sur son lit de mort… Tel en est en tout cas le commentaire !
La seconde, la même avec la vraie légende : « Le père Jean, abbé de Fontfroide », extraite d’un ouvrage éponyme, publié à Toulouse en 1896, librairie Privat, (un an donc après la mort du Père Jean en 1895, dernier père abbé de l’abbaye cistercienne) (2). Cet ouvrage fut réédité par les éditions Lacour en 1999. On le voit, quand la course au scoop rend aveugle, les documents inédits s’échangent et se dénaturent bien plus vite que la corrosion du temps lorsqu’elle officie à son rythme... Comment Henry Lincoln le célèbre co-auteur de « L’Enigme sacrée » a-t-il pu se laisser abuser ainsi ? Comment a-t-il pu publier ce document factice et surprendre le lecteur ?
La question reste posée, mais a le mérite de permettre à tout un chacun d’exercer son sens critique ce qui ma foi, par les temps qui courent, vaut bien plus que nombre de thèses formulées à l’emporte-pièce par certains auteurs. Car bientôt lorsque l’on vous parlera de la résurrection de l’abbé Saunière, au même titre que l’immortalité de Fulcanelli… ne faites pas l’étonné, tout cela est bien naturel. Foin d’avarice, c’est Noël ! Encore un peu de rata pour la route avec cette surprenante conversation sur le Net, puisqu’il s’agit de « l’assassinat d’Emma Calvé », conversation surprise au détour d’une recherche. (Par charité chrétienne et par correction pour le webmaster du site internet en question, ainsi que pour les auteurs en grande conversation explosive, c’est le moins que l’on puisse dire… nous respecterons leur anonymat et retranscrivons leur conversation in extenso - dans son jus - orthographe comprise.) Transcription copiée-collée d’un « chat » sur internet faisant état de l’assassinat d’Emma Calvé et de son appartenance à une société secrète. [ Pour participer au débat ] Intervention de J. Je ne sais ou m'adresser, ma grand mère que j'ai perdu, m'as toujours parlé d'Emma Calvé, qui apparemment l'avait prise sous sa protection, pour retrouver son histoire j'aimerai en savoir plus sur sa vie, ou m'adresser ? Intervention de S. Emma Calvé, née Rosa Emma Calvet le 15 août à Decazeville, décédée le 6 janvier 1942 à Millau (Rhodez) (3). Elle avait donc 84 ans à sa mort. Il me semble étrange l'assassinat d'une personne aussi âgée, à moins qu'elle n'ait détenu un "énorme" ! secret. Retenons cependant son origine espagnole, juive sepharade (4), ayant séjournée en Espagne, probablement dans la région catalane espagnole (à quelle date ??). Dans le contexte de la guerre civile espagnole, la préparation de la 2ème guerre mondiale (alliance secrète austro-hongroise-germanique), et l'après guerre, nouvelle alliance des grands industriels, la mouvance anarcho-politico-syndicaliste restait très puissante ; le groupe le plus influent, le plus virulent aussi mais le plus incorruptible était le groupe espagnol et notamment le groupe catalan ; à cette période les artistes les plus en vue appartenaient de près ou de loin à cette mouvance ; Emma Calvé n' a pas été la seule et unique à y appartenir, il y a bien eut d'autres Emma et d'autres artistes dans cette période d'après guerre. Emma Calvé a-t-elle était une simple militante ? A-t-elle appartenu au cercle intérieur de l'internationale anarchiste ? Deux faits majeurs historiques viendraient étayer son assassinat (si toutefois il a été prouvé qu'il y a eu meurtre !!! et si son secret était d'ordre politique). 1e - les hommes d'affaires américains se sont sentis menacés par cette mouvance (assassinat d'un industriel important ! par un anarchiste) 2e - Staline ne supportant pas les contre-pouvoirs décidait de déclarer la "guerre" aux soi-disant anarchistes internationalistes de "tous bords", l'histoire a démontré l'efficacité de sa police-politique à l'étranger... Dont acte ! Si Emma Calvé représentait à ce moment la, la cible "privilégiée" à abattre, il y eu sûrement conjuration et collusion des 2 forces émergeantes (contraires ??) à des fins meurtrières. A-t-elle été aussi une Mata Hari après l'âge ? Aurait-elle été trahi sur le tard par son ancien professeur et modèle (car féminin) de chant ? Celle-ci faisant partie de la mouvance italienne !! Donc une autre piste. Intervention de B. Bonjour, Emma Calvé aurait été assassinée par un membre d'une secte. Quelqu'un de plus informé pourrait-il nous parler de ce fait divers. Il y a du avoir une enquête de faite. Quels étaient le nom de l'assassin, sa profession, sa secte ? Il se pourrait qu'il aie été artiste lui aussi. Il semble que le milieu d'artistes aie connu bien des secrets placés sur commande dans leurs tableaux, livres, cathédrales etc., certains semblent comme Georges Sand craindre pour sa vie d'avoir certaines connaissances (?). (Et in Arcadia ego). Certains à d'autres époques sont suicidés (au réverbère) (5) etc. Pour en avoir trop dit ou écrit. Connaître Emma Calvé permettrait peut-être de savoir de quel ordre est le secret.
Sans commentaires. Nous laisserons donc le soin à nos lecteurs avertis, férus de mystère et non dénués d’humour de démêler ce salmigondis d’informations totalement inédites, qui nous laisse admiratifs. Rappelons quand même pour faire bonne mesure, qu’Emma Calvé meurt de crises hépatiques, le 5 janvier 1942 et non le 6, à la clinique du docteur Parès, à Montpellier, dans l’indifférence générale. Elle sera inhumée dans le cimetière de Millau, à quelques kilomètres de son château tant aimé. Elle avait eu le temps d’écrire quatre ans auparavant ses mémoires qui parurent aux éditions Plon, avec 16 gravures hors texte, sous le titre, « Sous tous les ciels j’ai chanté ». Signalons au passage qu’elle ne s’appela jamais Calvé de Roquer, titre usurpé, et qu’elle n’était pas née en 1862 comme elle désirait parfois le faire croire (6)… Mais aux âmes bien nées on accorde parfois beaucoup plus que leur dû. Thierry E Garnier © la LdThot No 36 – décembre 2005 Cet article est un extrait
de la conférence de Thierry E Garnier,
On remarquera en effigie, au dessus de la porte, un blason martelé et aujourd’hui totalement indéchiffrable, vraisemblablement une reproduction tardive des armoiries du premier seigneur du château, Emenon de Cabrières, blasonné ainsi « De gueules à un bouc d’or ». L’étymologie du mot « Cabrières » renvoyant ici dans son double aspect héraldique à la « cabre » la chèvre d’or gardienne des trésors mythiques, et bien sûr au bouc, figure satanique s’il en est. Une fois de plus les deux extrêmes se rejoignant, dans une symbolique de premier degré. (1) Rédacteur en chef de la revue «Pégase», publication qui connut deux parutions à deux époques distinctes. Michel Vallet est certainement à ce jour un des meilleurs connaisseur du mystère de Rennes, il est notamment l’auteur sous le nom de Pierre Jarnac de : Les livres qui ont fait la renommée de Rennes-le-Château- (Belisane ed. 2002), (2)
Rappelons au passage que l’abbé Saunière
décède lui en 1917. (3) Il s’agit sans doute ici de la ville de Rodez ? Orthographiée avec un h, pour faire plus exotique ? Quant à [Millau-Rod(h)ez], je laisse le soin à l’auteur de ce passage distingué d’éclairer la lanterne de nos abonnés ? (NDLR // la LdT.) (4) Ah bon ? (NDLR // la LdT). (5) «Le suicide au réverbère», sans doute une nouvelle technique qui reste à breveter… C’est Gérard de Nerval qui doit se retourner dans sa tombe, au Père Lachaise (électrique ?) - (NDLR // la LdT.). (6)
Sur Emma Calvé et
Rennes-le-Château,
voir nos différentes études. - « Sur les Remparts de Saint-Jean-d’Acre »,
Arqa ed. pages 149 & 161. - Voir aussi, « La Lettre de Thot » Nos 7, 8, 26, 31, 32. - Sur le site de Thot : Voir [Emma Calvé] en rubrique > Galerie avec des documents inédits, archives Arcadia. A écouter le «Best Of» des chansons d’Emma Calvé, Arqa ed. avec des documents inédits, iconographie et photos dans le cahier joint. En rubrique > Boutique sur le site de Thot – http://thot-arqa.com |
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Hélas, tous les auteurs chrétiens en conviennent eux-mêmes, aucun commentateur romain, contemporain du Christ, n'y fait allusion. A cette époque, l'ensemble de la Judée et des pays alentours est sous domination romaine, et il semblerait naturel qu'un d'entre eux, au moins, parle des miracles accomplis par Jésus-Christ, qui, au dire des Evangiles, n'ont pas manqué d'impressionner les foules. Mais cette époque n'a rien de comparable avec le XXe siècle. Elle ne connaît pas la radio, pas la presse, aucun des moyens modernes de communication, et un événement important dont l'action se déroule à cent kilomètres, peut rester totalement ignoré de ceux qui n'en ont pas été les témoins directs. Il n'y a donc, a priori, rien de surprenant à ce que des mémorialistes, dont la plupart résident à Rome, n'aient pas spécialement entendu parler de la question. Néanmoins, certains textes font indirectement allusion à des rébellions, à un soi-disant roi des Juifs entré en dissidence et cherchant à soulever les populations de Judée contre l'occupant romain. Ces faits ont d'ailleurs servi de pivot à des théories modernes qui ont tenté de faire de Jésus un personnage révolutionnaire et un homme politique sans préoccupations religieuses. Ces constatations pourraient paraître fatales au christianisme, mais ce serait faire peu de cas de tous les textes dits sacrés, c'est-à-dire les évangiles synoptiques, les actes des apôtres, en un mot tous les textes composant le Nouveau Testament auxquels il faut, en historien impartial, ajouter les nombreux textes dits apocryphes, parce que non inspirés par Dieu comme les textes sacrés, mais qui constituent des documents que l'on ne saurait rejeter. Or, ces très nombreux textes attestent que Jésus a bien existé. Au surplus le message chrétien s'est tellement répandu, et cela dès les vingt années qui ont suivi la date hypothétique de la mort de Jésus, l'histoire le constate indubitablement, qu'il aurait fallu inventer un Christ, s'il n'avait existé. La Nativité et le Poisson On a beaucoup épilogué pour savoir si Jésus était né effectivement en l'an I ou s'il ne s'était pas incarné quelques années auparavant. Il est de fait qu'à quelques années près, l'événement se déroule au moment où selon la loi traditionnelle, mais scientifique de la précession des équinoxes, le soleil, dans son lent mouvement de 5 920 ans environ autour des douze signes du zodiaque, passe du signe du bélier dans le signe des poissons.
Ciel
du mois de mars
Mais de surcroît, Neptune et Pluton, elles-mêmes, se situent dans une position telle qu'elles entrent en influence, Vénus et Mercure passant également au même moment. Autrement dit, presque toutes les planètes du système solaire se trouvent réunies dans le même signe zodiacal, c'est-à-dire dans une portion d'un douzième de ciel. Il est évident que cet événement devait marquer les esprits, et l'on a songé que c'était cela, l'étoile dont toutes les traditions font état, l'étoile qui aurait guidé les bergers et les mages. Sa caractéristique est d'être à huit pointes, nombre christique ; elle était déjà connue chez les Babyloniens, et deviendra l'étoile des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, symbolisant le cheminement initiatique. Quant on sait combien l'astrologie religieuse est en rapport direct avec les problèmes religieux, on ne peut qu'être émerveillé d'une telle conjoncture qui, aussi complète, ne s'est jamais reproduite. C'est d'ailleurs une des raisons, et une des raisons seulement, avec d'autres, notamment de calendrier, qui font penser que la naissance du Christ aurait eu lieu en VI, à la condition de considérer qu'entre + 1 et — 1 s'est intercalée une année 0. Mais cette conjonction s'est produite au début de ce que l'on appelle «l'Ere des Poissons». Or, on retrouve en d'autres occasions, l'importance du signe des Poissons dès les premières années du christianisme. Lorsque les premiers chrétiens se représentent, ils le font sous la forme d'un poisson ou de deux poissons opposés l'un à l'autre, c'est-à-dire dans la forme traditionnelle où, depuis des siècles, et avant le christianisme, l’on représente les deux poissons du signe du zodiaque. De même a-t-on découvert, dans les catacombes romaines, des représentations gravées du repas eucharistique où le corps du Christ est figuré sur un autel par un ou deux poissons. Il est également indispensable de rappeler que l’on a associé, dès le premier siècle, le nom de Jésus avec le mot grec Ichtus qui signifie poisson ; et tout le monde connaît la phrase grecque composée à partir de chacune des lettres de ce mot : lésous Christos theou uios sôter, c'est-à-dire «Jésus-Christ, fils de Dieu, sauveur.» D'autre part, les apôtres, à commencer par Pierre, sont presque tous des pêcheurs, et l'on a souvent souligné l'importance de la multiplication des poissons et surtout de la pêche miraculeuse de 153 poissons narrée par saint Jean dans le dernier chapitre de son évangile. D'autant plus que le nombre de ces poissons n'est pas indifférent puisque le total des trois chiffres qui le compose donne neuf, nombre divin et solaire qui représente les neuf manifestations de Dieu à travers la trinité (3 X 3). Cette constatation relève directement de l'ésotérisme puisqu'au surplus le Christ a lui-même déclaré qu'il était le nombre neuf lorsqu'il dit « Je suis l'alpha et l'oméga. » En effet, on interprète toujours cet aphorisme comme voulant dire « Je suis le commencement et la fin », ce qui est vrai, mais relève de l'exotérisme. Le fond des choses est à la fois différent et complémentaire : chacune des lettres grecques ayant une valeur numérale, alpha vaut 1 et oméga 800, ce qui donne un total de 801, soit 8 + 1 = 9. Enfin, il faut rappeler que le Christ a été assimilé au dauphin, considéré dans l'Antiquité comme sauveur des hommes, et que les représentations sont nombreuses dans les catacombes chrétiennes du dauphin sur une croix, une ancre ou un trident, à une époque où la figuration du Christ sur la croix n’était pas envisagée… Jacques
d’Arès – Encyclopédie
de l’Esotérisme (tome 3 – extrait
). |
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| Kill ! Kill ! Kill !
L’Histoire ne s’écrit pas avec le témoignage d’un homme seul, et l’écriture de l’Histoire nous apprend qu’il faut bien le minimum d’une génération, pour commencer à décrire le sens d’une Histoire, l’essence de l’Histoire, en tenant compte de tous les éléments actifs et souterrains qui ne nous étaient pas apparus sur l’instant. Ce sont les dommages co-latéraux issus d’une bombe à fragmentation qui nous permettent de comprendre la vérité sous-jacente par le biais de l’impact laissé – dans les 2 camps opposés. C’est de cette trace là, qui est toujours plaie saignante et balbutiante, infection pitoyable soumise à la gangrène autant qu’à l’amputation, que nous voulons parler à présent. Seul le temps, parfois, pas toujours, permet la cicatrisation. La nature de l’Histoire, dans sa dimension ontologique n’a qu’une seule fonction, celle d’apporter sinon le pardon, tout au moins la requête de la repentance et le désir que les dépositions des peuples devant le tribunal du Monde apporteront à leurs descendances respectives une respiration nouvelle permettant au moins d’être crédités des aveux du Juste. Dans cette Histoire-là, le mensonge se trouve être le pire de nos maux. Et lorsque le dévoilement de la vérité nue est considérée comme une trahison, il s’agit pour nous de comprendre véritablement les mécanismes coupables qui charrient insidieusement au sein de nos communautés religieuses, politiques et ethniques, de telles déviances. L’historien ici, greffier d’un oratorio de sons aigus, en charge de la psyché des peuples, permet aux mortels de ne pas ignorer ces œuvres maudites et souligne aux immortels, une fois de plus, que l’homme dans ces cas-là est bien plus qu’un loup pour l’homme, une bête, bien moins qu’une bête. Il s’agit de bien assimiler dans notre propos, que nous voulons parler ici tout autant des faits crus de l’Histoire, des armées en marche - que des «forces» en présence – à bien identifier. C’est au prix d’un travail de réfection important que le paysage emprunté comme les figurants nommés, la résonance magnétique comme la vision nocturne, se révèleront in fine pour appréhender réellement le concept historique dans sa pleine et entière globalité. Nous vous proposions il y a peu dans notre mensuel la vision d’un historien de l’Islam (1), Amin Maalouf, décrivant la chute de Saint-Jean d’Acre en 1291. Et la lecture de l’Histoire des croisades vue par les arabes avait de quoi nous faire douter de bien de nos manuels scolaires… Autant dire que le recul du temps est aussi salutaire que le recul d’un canon, surtout en temps de guerre. «
Nous devons libérer l’esprit
du tireur par rapport à la nature
de ses cibles.» Que vaut le témoignage de Jimmy Massey, Jimmy the Shark in the Suck, un sous-officier du corps des Marines racontant dans son livre (2) les exactions imputables aux « fog of war », commises par les troupes américaines lors de l’invasion de l’Irak en 2004. Que vaut le témoignage d’un homme seul se décrivant comme une machine à tuer, un tueur psychopathe, un cow-boy sorti tout droit des bouches de l’enfer sans aucun état d’âme, apte à exécuter le moindre ordre de sa hiérarchie militaire, capable de tuer seulement pour prendre son pied lorsque le sang se met à gicler. C’est le premier point que nous entendons élucider. Que vaut le témoignage d’un homme seul, seul contre tous, parti en guerre contre l’armée américaine tout entière et contre la majorité de l’opinion publique de son pays. Que vaut le témoignage de cet homme lorsque décidant, pour sauver une partie de son âme, parce que la nuit lui devient une guerre à gagner et le jour un cauchemar, d’apporter inconsciemment sur un plateau, au monde déjà halluciné des récits et photos de la prison d'Abou Ghraib (3), un livre aussi dérangeant qu’une bombe à retardement, une œuvre aussi inquiétante qu’un attentant londonien en plein mois d’août dans un autobus à impériale (4). Ce livre là, s’il n’est certes que la mémoire vivante du passage d’un soldat américain, d’un gradé, en pleine guerre d’Irak, à la pointe du conflit, décrivant exactement, au quotidien, bien mieux qu’un journaliste de l’Associated Press confiné dans un grand hôtel de Bagdad, la guerre qui se joue, a le mérite d’exister pour que le lecteur puisse se demander si le courage de cet homme - seul - n’est pas plutôt d’avoir affronté la hiérarchie du corps des Marines plutôt que de s’être montré «héroïque» sur les terrains d’opérations où il fut envoyé combattre les troupes de Saddam Hussein. Alors, la véritable question que pose ce témoignage d’épouvante, n’est pas de savoir s’il est le reflet d’une désinformation au service des pacifistes, le polaroid d’une expérimentation guerrière, le repentir d’un guerrier déçu par sa hiérarchie, la déposition solitaire d’un homme éclaté soucieux d’apaiser sa conscience ou d’apporter au monde sa vérité. « Kill ! Kill ! Kill ! » est un livre choc d’une histoire pour adultes dont les pages s’écrivent en ce moment même en lettres de feu, un livre à lire comme une preuve incontournable de ce que réalisèrent les troupes d’élites de la plus grande nation du monde - civilisé - avec ou sans guillemets, dans un pays qui fut dans l’antiquité le berceau de nos civilisations modernes (5), un livre à lire encore avec un arrière-goût d’uranium appauvri dans la bouche, un livre à verser au dossier de l’Histoire, une histoire qu’écriront demain des hommes et des femmes désillusionnés par l’avancée des temps nouveaux, peu persuadés que le progrès scientifique soit un gage de la marche en avant d’une humanité effrayante de cynisme en train de se pendre avec la corde qu’elle a elle-même consentie à tresser. Non, la véritable question est de savoir ce que vaut - pour vous - ce témoignage. Thierry E Garnier © – Décembre 2005, La LdT No 36. NOTA BENE // Il ne nous appartient pas ici de faire le procès d’une Amérique soucieuse de son niveau de vie, ayant des difficultés à comprendre au XXIe siècle quel est le niveau de la vie… Il y aurait au passage une indécence plus que coupable à oublier la fraternité et l’héroïsme des troupes américaines débarquant en Normandie le 6 juin 1944… et les morts du 11 septembre 2001, sans parler d’une partie de la population américaine qui s’élève aujourd’hui avec véhémence contre les options prise par une oligarchie militaire et un pouvoir politique affidés aux plus grands trusts internationaux de la finance. On peut, nonobstant légitimement se demander, tenant compte de ce basculement des valeurs opéré dans la partie aveugle de notre mythologie, quelle est la cause juste que défend à présent l’administration de Georges W. Bush, et ce n’est pas faire injure au devoir de mémoire que de poser cette question-là. (1) La lettre de Thot No 30. (2)
Kill ! Kill ! Kill
! de Jimmy Massey, préface de Natasha
Saulnier,
Panama ed. 2005 (3) http://web.amnesty.org/pages/irq-280405-feature-fra (4) http://www.terrorisme.net/p/article_167.shtm (5) Voir nos différents articles // la lettre de Thot Nos 3 & 4.
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