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Numéro 39 - Mars 2006
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Ami, vous qui êtes de passage… Vous êtes convié à venir visiter régulièrement notre site. Vous y trouverez tous les mois de nouveaux articles sur le thème de « la Tradition », des articles inédits, des poèmes, des études historiques, des manuscrits et des symboles graphiques… |
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| Sommaire
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On a vu le python africain, qui est capable d'avaler une chèvre, nager sur l'océan Indien, allant parfois d'île en île en quête de nourriture. De grands serpents comme celui-ci ont essayé d'aborder des bateaux qu'ils rencontraient pour se reposer et cela a évidemment donné lieu à des récits de monstres marins. Des morceaux de bois flottants ou des épaves peuvent provoquer d'autres histoires de monstres. Mais il est possible que quelques récits de monstres marins soient authentiques. Si on n'y croit pas c'est surtout parce que ces créatures n'ont pas été identifiées par des savants ou bien parce qu'on pense qu'elles ont depuis longtemps disparu. Il y a quelque 80 à 90 millions d'années des reptiles géants battaient la campagne et écumaient les océans en quête de nourriture. Ils dépendaient pour survivre de leur force brute, de leur faculté à s'adapter à un environnement changeant et à se cacher de tout danger auquel ils ne pouvaient pas faire face. Pendant des millions d'années, le plésiosaure, au corps tonnelé et au cou de serpent, qui se nourrissait de poisson, et l'ichtyosaure, ou poisson lézard à l'aspect de requin, dominèrent les mers. Ces animaux furent progressivement remplacés par le mosasaure, un lézard marin belliqueux mesurant 12 mètres, de long. Nous savons que les animaux terrestres géants commencèrent alors à disparaître de la surface terrestre, mais nous ne connaissons pas ce qu'il advint des espèces animales dont l'eau constituait l'habitat. Ont-elles employé leur capacité à s'adapter et à se cacher pour descendre dans les profondeurs des océans et des lacs et trouver ainsi un moyen de survivre ? Ce n'est pas entièrement impossible. Il existe, après tout, d'énormes animaux marins. Ce ne sont pas de purs produits de notre imagination comme semblent le prétendre quelques sceptiques. Aussi explorons les possibilités qui peuvent défier les sceptiques. La plupart des lacs écossais, ou lochs comme on les appelle en Ecosse, sont extrêmement profonds. L'un des plus profonds, le loch Ness, est devenu presque légendaire en raison des apparitions répétées d'un monstre. Une apparition dramatique et récente eut lieu en juillet 1933. Mr. et Mrs. George Spicer rentraient à Londres en automobile par la rive sud du loch Ness quand ils virent une étrange créature sortir des grandes fougères. Elle semblait avoir un long cou onduleux un peu plus gros qu'une trompe d'éléphant, une tête minuscule, un corps massif et quatre pattes ou ailerons. Tenant dans sa gueule ce qui semblait être un jeune animal, elle traversa la route en se dandinant, pénétra dans le sous-bois et disparut avec un bruit d'éclaboussures dans le lac. Cette scène étonnante ne dura que quelques secondes mais elle laissa sur le couple une impression impérissable. Par la suite, Mr. Spicer décrivit la bête à un journaliste comme un « spectacle repoussant ». « Elle ressemblait, dit-il, à un énorme escargot surmonté d'un long cou. » En dépit du discrédit jeté sur Mr. Spicer par les éminents savants et zoologistes de l'époque, beaucoup crurent à son histoire d'un monstre de 7 à 9 mètres de long. En vérité, Spicer n'était pas le seul ni le premier à avoir vu — ou à prétendre qu'il avait vu — la bête des profondeurs. Il y avait déjà eu depuis le début des années 1880 à 1890 des apparitions régulières de « Nessie », nom affectueux sous lequel le monstre du lac devint connu. Sans qu'on puisse l'expliquer, on considérait généralement Nessie comme une femelle. À diverses reprises, un tailleur de pierre, un groupe d'écoliers et un forestier qui travaillait pour le duc de Portland l'avaient vue. D'autres apparitions furent mentionnées en 1912, 1927 et 1930 ; des descriptions relatives à son apparence et à ses activités avaient paru dans les journaux de Glasgow à Atlanta. Cependant, ce fut seulement au cours de l'été 1933 — l'été où les Spicer relatèrent leur aventure — que Nessie devint une curiosité internationale. Cette année-là, on construisit une nouvelle route entre Forth William et Inverness, sur la rive nord du lac. Selon les autochtones, le bruit des terrassements, les vibrations dues aux explosions et les rochers qui de temps à autre dévalaient des berges tirèrent Nessie de son sommeil à des centaines de mètres en dessous de la surface du lac. Fâchée de voir son sommeil troublé, elle sortit de l'eau, grimpa sur le rivage et commença à rôder dans les grandes fougères environnantes, se régalant de tout jeune animal qui lui tombait sous la dent. Ce fut à peu près à cette époque qu'un agent de l'Automobile-Club aperçut également le serpent de mer. Lui aussi le décrivit comme « une chose présentant un certain nombre d'anneaux au-dessus de la surface... Elle avait une petite tête et un très long cou élancé ». Peu après, une troisième personne — un habitant du nom de Hugh Gray — prit vraiment une photographie de Nessie qui fut reproduite dans les journaux et revues du monde entier. Cette photographie, comme toutes celles qui furent prises par la suite, n'était pas très nette. Les incrédules considérèrent que l'objet sur la photo n'était qu'un tronc d'arbre flottant ou un madrier. Pour ceux qui acceptaient cette version, l'explication était simple : quelques ouvriers du chantier routier avaient, par négligence, jeté une grande pièce de bois dans le loch. D'autres, qui niaient l'existence du monstre, préféraient croire que l'on cherchait à attirer l'attention du public. Pour découvrir la vérité, des journalistes du monde entier descendirent dans la région — et parmi eux des journalistes et photographes de New York, Rio de Janeiro et Tokyo, Une troupe de scouts les rejoignit pour participer à l'observation du monstre. Lorsqu'une vieille dame des environs disparut de chez elle, certains dirent qu'elle était la dernière victime de Nessie et déclarèrent que la bête était un suppôt du diable. D'autres assuraient qu'elle n'attaquerait pas l'homme, étant de nature timide et inoffensive. Cependant, les deux camps s'accordaient sur le fait que le monstre pouvait changer de forme à volonté, qu'il pouvait sortir et s'enfoncer dans l'eau verticalement, avait un corps irisé, ce qui le faisait changer de couleur selon la lumière. Pour soutenir leur point de vue, à savoir que Nessie était bien vivante et habitait le lac, ses partisans produisirent des témoignages statistiques et historiques. Les Grands Mystères – Tome VII, Hachette ed. 1976 Dernière minute Incroyable ! Selon une dépêche de l’AFP en date du 16 janvier 2006, Londres a voulu traquer le monstre du Loch Ness avec des dauphins ! La LDT No 39 – Mars 2006 Le gouvernement britannique a envisagé en 1979 d'acheter des dauphins aux Etats-Unis pour traquer le monstre mythique du lac écossais du Loch Ness, selon des archives citées lundi par le Daily Mirror. Le ministère de l'Environnement estimait que l'éventuelle découverte du dragon profiterait au tourisme de l'Ecosse, rapporte le quotidien populaire. Personne n'a jamais pu prouver avoir vu "Nessie", un animal sous-marin dont la légende remonte au VIIe siècle. Des "apparitions" sont toutefois évoquées régulièrement et les canulars sont nombreux sur le sujet. La lettre du ministère, signée d'un fonctionnaire, avait été adressée pour avis au gouvernement régional écossais, qui n'en aurait pas accusé réception. D'autres archives révélées ces jours-ci montrent comment d'autres hauts fonctionnaires britanniques avaient tenté un peu plus tard, sans succès, de donner au monstre une protection légale contre d'éventuels braconniers ou chasseurs de prime. |
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| Interview
de Christian Doumergue Première partie : Révélation(s)
Nous livrons aujourd´hui le premier volet d´une longue interview que Christian Doumergue a bien voulu accorder en exclusivité aux abonnés de La Lettre de Thot, suite à notre rencontre le mois dernier à Rennes-le-Château et ce, afin de nous livrer quelques éclairages pertinents sur son travail récent. Arcadia - La LdT No 39. Arcadia – Christian Doumergue, le livre que vous venez de terminer est le résultat de plus de 10 ans de recherches ininterrompues. De très nombreuses pistes évoquées sont tout à fait incroyables et entièrement nouvelles pour le chercheur s´intéressant à cette affaire, certaines mêmes vont totalement à contre-courant de ce qu´il est convenu de penser ou de croire à ce sujet, mais il faut bien reconnaître qu´en la matière certains ont l´imagination plus que débordante ! Pouvez-vous nous livrer quelques uns de ces sujets, pour nos lecteurs ?
Christian Doumergue – Le but était effectivement, dans ce travail, d’apporter le maximum d’éclairages sur cette affaire, que je n’hésite pas à taxer de "ténébreuse" (dans le sens de difficilement discernable). Cela amenait, nécessairement, à ramener l’affaire — aujourd’hui noyée dans le foisonnement d’hypothèses invérifiables — à du factuel, et donc à des documents nouveaux. Etant entendu que ceux à notre disposition jusque là ne nous ont toujours pas permis d’apporter des certitudes sur ce qu’il s’est vraiment passé dans ce petit village de l’Aude entre la fin du XIXe siècle, et le début du XXe… Tout d’abord concernant l’abbé Saunière lui-même, sur lequel on a beaucoup écrit sans prendre soin de vérifier ne serait-ce que la plausibilité de ce qu’on écrivait. J’ai eu la chance, à cet effet, d’avoir accès à un certain nombre de documents inédits du fonds Corbu-Captier, qui, pour certains, apportent des informations totalement inédites, et insoupçonnées, sur l’abbé Saunière, que l’on découvre par exemple disciple de Sébastian Kneipp. Ce fait était jusqu’alors inconnu de tous. Il n’est pas le seul pan de passé oublié à ainsi resurgir concernant l’abbé, mais aussi, et peut être même surtout, son "environnement". Mon livre a en effet pour titre "L’Affaire de Rennes-le-Château". Or, dans ce cadre, étudier l’unique figure de l’abbé Saunière est insuffisant. Car l’Affaire de Rennes, c’est Saunière bien sûr, mais c’est aussi tout le mythe qui s’est cristallisé sur cette figure à partir des années 1960, lorsque le prêtre est devenu le "curé aux milliards" et que l’on a peu à peu assisté à la transfiguration de Rennes-le-Château en capitale mondiale de l’ésotérisme. A ce sujet, nous avions jusqu’à présent deux attitudes. Soit une croyance aveugle en un Saunière découvreur de terribles secrets religieux. Soit un déni total de cette idée, et l’affirmation d’une autre : seule la volonté pécuniaire de quelques-uns et la mythomanie de quelques autres peuvent expliquer ce travestissement des faits. Car, c’est un fait : rien dans les documents certains que nous possédons à l’égard de l’abbé Saunière ne nous permet de dire qu’il a découvert un incroyable secret ou qu’il ait été en relation avec les milieux occultes de son temps. Tout, au contraire, dément cela. Ce n’est que dans les années 1950/60, avec Noël Corbu, puis surtout Pierre Plantard et les écrits qu’il a inspirés, que se développe l’idée d’un Saunière inventeur d’un trésor, puis d’un Saunière initié par sa découverte à un grand secret. Mon attitude a consisté à analyser les conditions dans lesquelles cette construction mythologique — qui a véritablement travesti la réalité historique de la vie de l’abbé Saunière — s’est élaborée. Or, la façon dont le mythe se construit sous l’égide de Pierre Plantard est par trop complexe pour répondre à un simple "canular". Ce qui ne pouvait me conduire qu’à un troisième champ de recherches ayant pour finalité de relier cette construction mythographique à une quelconque "tradition"… Si l’on regarde les écrits inspirés par Pierre Plantard, un message revient constamment à l’arrière plan, une sorte de révélation subliminale, habilement codée dans le texte ou dans l’image (pour de Sède, notamment…) : la tombe de Jésus se trouve à proximité de Rennes-le-Château, à Rennes-les-Bains. Maintenant, essayons de rapprocher cette affirmation, qui est à l’origine de toutes les publications orchestrées par Pierre Plantard, de l’époque de Saunière… Un seul groupe évoluant dans les cénacles ésotériques véhiculait, à ma connaissance, une telle croyance : c’est l’Eglise Gnostique de Jules Doinel. Et précisément… mes recherches m’ont conduit non seulement à mettre en lumière le fait qu’elle était très active dans la région de Rennes-le-Château fin XIXe/début XXe ; non seulement, qu’elle y avait conduit des recherches sur le "terrain" ; mais en plus qu’elle était active à Rennes même du vivant de l’abbé Saunière, à travers la figure de Prosper Estieu, qu’on ne connaît plus aujourd’hui que pour ses talents de félibre et son combat pour l’Occitanie, mais qui était alors un des membres parmi les plus actifs du groupe de Doinel… Enfin, dernier niveau de recherche : l’origine historique de l’Affaire, c’est-à-dire la venue de Marie-Madeleine en Gaule, et le rapatriement du corps du Christ dans le Sud de la France. Là encore, cette nouvelle publication fournit des éléments totalement inédits en la matière, comme cet extrait d’un texte du VIIIe siècle rédigé dans le Sud de la France, et selon lequel Tibère se rendit en Septimanie et y bâtit une "caverne" en l’honneur du Christ. Or, j’avais déjà signalé, dans mes précédents ouvrages, l’existence de toute une série de traditions évoquant la venue de Marie-Madeleine à Rome pour y rencontrer Tibère… Arcadia – Alors que le Prieuré de Sion, est vilipendé depuis 4 ou 5 ans maintenant, par des soi-disant chercheurs autosatisfaits, imbus et incompétents, (nous attendrons donc leur autocritique puisqu´ils se reconnaîtront...) vous, vous allez entrer comme le premier auteur, dans l´histoire de Rennes, à réhabiliter, j´allais dire enfin, le Prieuré de Sion. Même s´il faut faire la part des choses, j´en conviens, vous n´hésitez pas à signaler l´importance du travail entrepris par Pierre Plantard et Gérard de Sède et surtout des documents de référence pris en compte par ceux-ci (2). Autrement dit, il ne fallait pas jeter le bébé avec l´eau du bain ! Pouvez-vous nous en dire plus ? Christian Doumergue – Le rejet massif du Prieuré de Sion par la plupart des chercheurs vient d’une raison simple. C’est que tous ont lu au premier degré les productions inspirées par le Prieuré et donc ont considéré que les données contenues, par exemple, dans le livre de de Sède étaient des données factuelles et qu’il fallait les considérer comme telles. Elles se présentaient en tout cas ainsi, et à moins de lire entre les lignes, rien n’incitait à les comprendre autrement. Or, évidemment, les lire ainsi, c’était, tôt ou tard, en venir à dénigrer leurs auteurs. Car force est de constater qu’il n’y a pas grand chose qui puisse être reconnu pour certain dans L’Or de Rennes, pour revenir à Gérard de Sède… Rien par exemple qui ne prouve que l’abbé Saunière ait rencontré Emma Calvé. Rien non plus concernant la découverte de parchemins par le prêtre. Tout l’ouvrage peut-être ainsi démonté. Voilà si l’on s’en tient à une lecture basique de L’Or de Rennes. Mais notre perception de l’œuvre est tout autre si l’on procède à une lecture littéraire et symbolique de l’ouvrage. Un fait doit être ici rappelé : de Sède était un surréaliste et cette filiation ne doit pas être omise lorsque l’on s’attarde à le lire. L’Or de Rennes prend alors une toute autre dimension dont les clefs de lecture nous sont données par l’auteur, ou plutôt les auteurs eux-mêmes. Et de fait, de Sède multiplie les allusions au caractère codé de ses écrits. On le voit, dans un passage aux allures de confession, affirmer que lorsqu’il rencontra Pierre Plantard, lui vint cette idée qu’un homme en possession d’un grand secret, ne pouvant le délivrer comme tel, devrait, pour le signifier, « forger un autre langage », « réinventer l’hermétisme ». Dans le chapitre 2 de L’Or de Rennes, il affirme – et cela me semble essentiel pour bien comprendre le sens de son livre – que la légende recourt aux mêmes procédés que le rêve, parmi lesquels des "erreurs de détails commises exprès". En fait, de Sède nous livre dans ces courts passages les clefs de lecture de L’Or de Rennes. En appliquant ces consignes, le texte prend une dimension tout à fait intéressante. Par exemple, de Sède place dans les procédés constitutifs de la légende le suivant : « figuration de notions abstraites par des personnages ou inversement… » Cela convient tout à fait à Emma Calvé. Comme nous le démontrons, la figure de la cantatrice n’est là que pour illustrer la connexion à établir entre l’affaire Saunière et les occultistes « fin de siècle »… Et plus particulièrement l’Eglise Gnostique, vers laquelle nous conduit le texte de de Sède, limpide dès lors qu’on en a comprit le mécanisme. Comme tout texte codé… Au final, le mythe créé par Pierre Plantard, prend donc une toute autre dimension que celle qu’on lui prête trop facilement. Certes, Pierre Plantard a travesti les faits. Certes, il a créé une fable extraordinaire, à partir d’une histoire qui à côté peut paraître tout à fait ordinaire. Mais ce que je démontre c’est que cette fable est une façon de raconter une histoire en elle même indicible, tant elle dépasse l’entendement…
Arcadia – Vous avez mis à jour grâce à de très nombreux documents d´archives, une nouvelle approche tout à fait originale et qui en convaincra plus d´un..., sur ce que vous appelez « L´Affaire de Rennes-le-Château ». Dans votre livre, si les révélations ne manquent pas, l´une d´entre elles, incontournable, va émerveiller - ou dépiter - bien des chercheurs, soi disant spécialistes de l´Affaire. C´est l´identification nouvelle que vous avez faite du fameux « Cheval de Dieu » dans les environs de Rennes ! Sans entrer dans une trop indiscrète analyse topographique, pour éviter de possibles déprédations des lieux, pouvez-vous quand même nous en dire un peu plus ? Christian Doumergue – C’est là une illustration typique du phénomène que j’évoquais précédemment. Il est connu de tous que l’un des supposés parchemins retrouvés par Bérenger Saunière, aurait donné, une fois décrypté, la sibylline sentence suivante, dont la ponctuation peut varier d’une interprétation à l’autre : « Bergère pas de tentation. Que Poussin et Teniers garde la clef. Pax DCLXXXI. Par la croix et ce cheval de Dieu j’achève ce daemon de gardien. A midi. Pomme bleues. » Rien ne prouve que le parchemin dont est extrait ce message ait jamais été retrouvé par l’abbé Saunière. Qu’il ait même jamais existé. Il est de fait plus probable qu’il soit une "invention" de Pierre Plantard. De même que le message qu’il délivre… Pourtant, l’analyse de celui-ci est une nouvelle fois la démonstration que les auteurs du mythe de Rennes ont bien voulu transmettre un message, notamment topographique. Invariablement, ce message est expliqué de la même façon. Le "cheval de Dieu" renverrait à l’une des fresques de Delacroix de la chapelle des Anges à Saint Sulpice : Héliodore chassé du Temple, où est effectivement figuré un cheval. A mon sens, et mes découvertes, je crois, le démontrent, cette lecture n’est là que pour nous distraire de ce qui est le véritable "cheval de Dieu", et dont aucun des constructeurs du mythe (pas plus de Sède que Plantard) n’a parlé : un immense ensemble rocheux, qui, de loin, crée sous notre regard médusé, une gigantesque tête de cheval. J’insiste sur un fait. Beaucoup ont vu des «formes» ici et là dans les rochers avoisinant Rennes-le-Château faisant de ces derniers autant de tests de Rorschach naturels. Dans certains cas, cette façon de procéder confine même au symptomatique. Le cas est ici différent : les rochers dessinent objectivement un cheval. Quiconque pourra en convenir à partir de la photographie que je donne dans mon livre. Or, ce cheval, c’est, à mon sens, le « cheval de Dieu ». « de Dieu » parce que cet ensemble est indéniablement naturel, et que son auteur n’est donc pas l’homme, mais, pour le Croyant, la divinité. Les esprits sceptiques et positifs argueront peut-être d’un heureux hasard à l’avantage de Pierre Plantard. Mais ce serait là une explication réductrice, et qui ne tiendrait pas compte du fait que plusieurs éléments laissent sans trop de doute penser que Plantard avait une parfaite connaissance de ce rocher. Je donne un de ces éléments dans mon ouvrage.
Dans le Serpent Rouge, un blason montre une tête de cheval associé à un vase d’où coule de l’eau, vase qui peut donc être accepté comme la figuration symbolique d’une source. Or, à côté du cheval de Dieu, dans un autre ensemble rocheux, sous une petite grotte (en rappelant une autre…), sourd une source… Le blason (également reproduit dans mon livre) montre la tête de cheval à droite et la source à gauche. Or, du point où le cheval est visible, c’est exactement dans cette disposition que les choses apparaissent… Et puis, détail que je n’ai pas évoqué dans mon livre, en contrebas du Cheval… on trouve les ruines d’une ancienne bergerie à laquelle le « Bergère pas de tentation » pourrait être une allusion… Mais arrêtons nous là. Si ces éléments sont d’une grande importance dans le jeu de piste tissé par Pierre Plantard, ce n’est pourtant pas en tant que tels que j’ai décidé de les livrer au public, mais parce qu’ils démontrent que le mythe élaboré par Pierre Plantard est bien une fable destinée à nous raconter - sous la forme d’un « rêve » - une histoire vraie. C’est avant tout comme tels que je voudrais que ces éléments soient premièrement compris. ( à suivre…) Deuxième
partie : Quand un abbé en cache un
autre Arcadia © La
lettre de THOT No 39, mars 2006 (1) DR. En illustration : Christian Doumergue
devant la Tour Magdala à Rennes-le-Château
(photo Arcadia ©) - Le Cheval de Dieu, massif
rocheux naturel, dans les environs de Rennes-le-Château
(photo Arcadia ©). (2) Voir notre interview de Gino Sandri, la Lettre de Thot No 7 & 8, No spécial, Rennes-le-Château, juillet 2003. « L'Affaire Rennes-le-Château » est paru aux éditions Arqa. En rubrique > Boutique sur le site de Thot – http://thot-arqa.com |
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| Péladan boit du Coca-Cola !
La précieuse boisson sucrée à bulles à base de cocaïne et de caféine faisait déjà au XIXe siècle le tour du monde ! Mais pas dans le sens que l’on croit… D’Europe vers les USA ! Car c’est en réalité sous l’appellation de « Vin Mariani » du nom d’un pharmacien corse, Angelo Mariani (1838-1914), qu’est créé en 1863 ce qui deviendra quelques années plus tard le Coca-Cola ! A base de vin de Bordeaux et de feuilles de coca, cette boisson exceptionnellement tonifiante faisait la joie des bistrotiers de la capitale française et était vendu partout dans l’hexagone et outre-manche. La conquête du marché américain une fois effectuée, le succès fut fulgurant pour l’époque, Mariani n’eu cure des contrefaçons, tant il pensait son breuvage inimitable ! Et pourtant… Dans ces années là, les têtes couronnées, la reine Victoria, le Président des Etats-Unis, le pape Léon XIII boivent le vin Mariani ! Conseillé par les médecins pour les athlètes de haut niveau, pour soigner de nombreux maux…, entre autres les brûlures d’estomac, et même les déficiences sexuelles ! Joséphin Péladan (1858-1918) le pittoresque occultiste parisien, né à Lyon, encore appelé par certains le « Sâr pédalant », co-fondateur en 1888 avec Stanislas de Guaita de l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix, sollicité par le pharmacien corse, comme de très nombreuses personnalités de l’époque, on peut citer Edmond Rostant, Emile Zola, Anatole France, Jules Verne..., écrivait : C’est un excellent exercice de rhétorique que l’éloge du vin Mariani : pour y montrer quelque nouveauté, il faudrait être de subtile invention et de bon loisir. Mistral m’a révélé M. Mariani et son vin, en Avignon. L’homme a quelque chose de la Renaissance, le culte des lettres, le vin fournirait un chapitre au petit traité des excitants modernes. Le Mariani a sa place, sur ma table, entre le tabac et le café : qu’en dire de plus ? Péladan
Parmi les occultistes de cette époque, nous avons retrouvé dans les archives Arcadia, un autre témoignage, dans un tout autre style, c’est le moins que l’on puisse dire, celui de Jules Bois (1868 - 1943), journaliste marseillais, écrivain polymorphe, agent secret… et célèbre bretteur devant l’Eternel qui, lui aussi, ne tarit pas d’éloges sur le Coca-Cola, pardon… sur le vin Mariani (1) : Les alchimistes du Moyen Age cherchèrent vainement la Pierre philosophale qui régénère les corps et exalte les âmes. De nos jours le grand mystère a été enfin trouvé. Le vin Mariani est la Pierre philosophale liquide. Celui qui en boit devient un homme nouveau, aux facultés multipliées, aux puissances inconnues ! Jules Bois Il fallait oser l’écrire ! Quel vertu quand même que ce Coca-Cola là ! Tapis dans l’ombre, un autre pharmacien veille cependant, d’Atlanta celui-là, un certain John Smith Pemberton qui, fort surpris du succès mondiale de cette fabuleuse boisson arrivée de l’ancien monde, décide sans autre forme de procès de copier intégralement la recette à l’identique ! Il appellera sa boisson gazeuse, tenez-vous bien ! Le « French Wine Coca » ! Le triomphe fut au rendez-vous, et les imitations innombrables… Il ne fut jamais inquiété de ce plagiat mémorable, certainement unique dans les annales de l’humanité, quand on voit le succès planétaire qui est celui de Coca aujourd’hui… Ce n’est que quelques années plus tard, avec la prohibition, que l’alcool contenu dans le breuvage disparut définitivement pour laisser place aux extraits de Cola, qui - eux - contenaient de la caféine ! La fameuse boisson était née ! Celle que l’on appellera plus tard « La Firme », ou Coca Co. se garda bien de se souvenir de ce passé peu glorieux de piratage industriel… et n’eut de cesse de réécrire son histoire, jusqu’à essayer de faire croire que le mot de « Coca » contenu dans la boisson, n’avait pas de rapport substantiel avec la cocaïne… C’est cette saga que nous conte de façon extraordinaire le journaliste français d’investigation William Reymond dans un livre plus palpitant que le meilleur des polars. Un ouvrage absolument édifiant, entre Dallas pour l’aspect glauque des captations de formules secrètes de fabrication du breuvage entre ayant droits et le meilleur des John Le Carré pour le secret bien gardé des agissements de la compagnie pendant le guerre de 39-45. Apparemment, pas seulement les GI’s buvaient du Coca-Cola, même Hitler aimait ça parait-il… (à suivre…) Thierry
E Garnier © La
LdThot No 39, mars 2006. Sur le vin Mariani
voir l’excellent
site : For Coke's Sake - Pour l'amour de Coke Au moment où les anniversaires se célèbrent à grandes bulles à Atlanta pour les 100 ans des Jeux Olympiques, Coca-Cola, organisateur dans l'ombre de ces JO, était déjà très présent il y a 60 ans, lors de ceux de Berlin. Autre date que l'on a fêté à Atlanta : la victoire remportée en 1945, à la fin de la guerre, où Coca a joué sur les deux tableaux - l'Allemagne ne sera pas un marché à reconquérir, puisque Coke n'a jamais quitté le sol allemand. Les informations qui suivent sont extraites du livre For God, Country and Coca-Cola (Scribner's Sons / Macmillan, New York, 1993) d'un journaliste d'Atlanta, Mark Pendergrast. Une véritable biographie non autorisée, extrêmement bien documentée : il a réussi à avoir accès aux précieuses archives, en s'assurant la confiance de Phil Mooney, à l'époque archiviste en chef de la firme d'Atlanta. Ce qui lui a permis, notamment, de publier la fameuse formule secrète en fin d'ouvrage. Au milieu d'un récit précis et minutieux - du sirop miracle du Dr Pemberton (1885) au raté du nouveau Coke (1984), en passant par la campagne anti-Coca des communistes français (1950's), Pendergrast a levé un grand voile sur l'activité douteuse de la direction américaine entre 1933 et 1946. 1/ Coca-Cola est devenu, à elle seule, une véritable "arme" de réconfort et de fierté pour les soldats américains, sur tous les théâtres d'opération. 2/ Dans le chapitre "Coca-Cola über alles", l'auteur montre que l'activité de la filiale allemande, fondée en 1929, n'a pas cessé au moment de l'entrée en guerre des Etats-Unis - comme Coca-Cola l'a toujours affirmé - et s'est même développée avec l'aide du Reich jusqu'à la fin des hostilités. La marque Fanta est ainsi née du blocus américain imposé au sirop de Coke à partir de 1941 ! TEG pour la LdT No 39. |
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| Prophéties pour temps de crise
A découvrir sur : http://www.bm-lyon.fr La tradition du secret et de l'occulte est ancienne à Lyon. Esotérisme et franc-maçonnerie s'y sont largement développés : la Bibliothèque en conserve de multiples traces dans son fonds imprimé et manuscrit. Nostradamus est évidemment bien présent, lui dont les éditions lyonnaises furent, de tous temps, nombreuses. Dans ce domaine, le riche fonds Chomarat est un heureux complément et permet de consulter les éditions de Nostradamus de toutes époques. Un fonds de plusieurs milliers de documents sur la franc-maçonnerie et sur l'ésotérisme continue à être aujourd'hui enrichi. La collection des manuscrits de Jean-Baptiste Willermoz, qui fonde à Lyon en 1753 la Loge de la Parfaite Amitié, permet de retracer un aspect important de l'histoire de la franc-maçonnerie lyonnaise, française et internationale du XVIIIe siècle. Les archives de Papus et de son fils Philippe Encausse, les fonds Sédir, Saint-Yves d'Alveydre, Bricaud, Fugairon, Lacuria acquis depuis un siècle, sont indispensables à tout passionné de l'occulte. Deux rituels de maçonnerie égyptienne témoignent d'un fait d'importance : le passage à Lyon du Grand Cophte, Cagliostro, en 1784. L'exposition Prophéties pour temps de crise est d'une nature particulière puisqu'elle met en scène non seulement Nostradamus et son œuvre mais aussi un collectionneur privé, Michel Chomarat. En effet, bien que la Bibliothèque possède en propre de remarquables documents concernant Nostradamus (par exemple le manuscrit des Présages dû à Jean-Aimé de Chavigny) les pièces présentées ici appartiennent toutes exclusivement au fonds déposé par Michel Chomarat à la Bibliothèque municipale de Lyon, en 1992, et régulièrement accru par lui-même depuis cette date. De plus, Michel Chomarat a eu carte blanche pour sélectionner et présenter comme il l'entendait les documents qui constituent cette exposition. Que Michel Chomarat soit remercié de nous permettre de saisir ainsi sur le vif une passion de collectionneur. Patrick Bazin, Directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon Le 1er Mars 1555, à Salon-de-Provence, dans sa maison aujourd'hui transformée en musée, Michel Nostradamus met le point final à la rédaction de ses Prophéties, dédiées à son fils César dans une copieuse préface de 14 pages, où alternent autant des considérations techniques quant à leur rédaction que l'extrême angoisse de livrer un texte aussi prophétique au monde entier, sachant fort bien les conséquences que cela allait provoquer pour les siècles suivants. Ayant pris la décision que ce texte pouvait être édité, Michel Nostradamus confie alors son manuscrit à un imprimeur, Macé Bonhomme, qui partage son activité entre Lyon et Avignon. Le 30 Avril suivant, Hugues du Puis, Lieutenant en la Sénéchaussée de Lyon, autorise officiellement Macé Bonhomme à imprimer ce texte, ce qui sera fait quatre jours après, le 4 Mai 1555. Deux mois seulement ont donc suffit pour donner à un manuscrit devenu livre, un destin exceptionnel qui fait qu'aujourd'hui, il est situé, interprétations comprises, juste après la Bible, tant au niveau du nombre d'éditions que des chiffres de tirage cumulés. Le choix par Michel Nostradamus de l'imprimeur Macé Bonhomme n'est pas innocent, il s'explique facilement, car outre la double proximité géographique avignonnaise et lyonnaise, en 1552, ce dernier publia l'ouvrage du toulousain Guillaume de La Perrière sur Les considérations des quatre mondes : divin, angélique, céleste et sensible, divisé en quatre centuries de cent quatrains en vers décasyllabiques, forme littéraire que Michel Nostradamus emploiera, à son tour, trois ans plus tard. Nous savons dans un avis au lecteur donné la même année 1555, dans L'Enfer de Cupido comment Macé Bonhomme envisageait son travail d'imprimeur et d'éditeur : " Mon intention a toujours été depuis que j'ai été appelé à l'estat où je suis de mettre en lumière des livres auxquels j'ai pensé, j'aurais profit et plaisir, n'épargnant en cela ni les frais ni ma peine, ne cherchant aucune récompense que notre bonne grâce et contentement... " L'édition originale des Prophéties est un véritable livre de poche par son format, il ne mesure en effet que 8 cm de large et 13 cm de haut ; Michel Nostradamus a souhaité y être représenté sur la page de titre, au milieu de ses livres et d'une sphère armillaire, scrutant la nuit étoilée, confirmant ainsi ce qui est clairement dit dans la préface à son fils César que c'est bien de nuit que l'inspiration lui vint. Le fractionnement de la publication de ce texte, au moins à trois reprises : en 1555, 1557 et 1568, démontre l'hésitation de l'auteur à donner, en une seule fois, l'intégralité de ce recueil d'énigmes, rédigées au futur comme l'exige le genre prophétique. L'édition de 1555 comprend seulement les Centuries I à III complètes et 53 quatrains pour la Centurie IV, elle est d'une telle rareté que l'on a cru longtemps que ce livre mythique n'avait en fait jamais existé car jusqu'en 1984 tous les exemplaires alors recensés dans les bibliothèques publiques avaient curieusement disparu comme ceux d'Orléans, de la Mazarine ou de la Bibliothèque de la Ville de Paris. C'est ainsi qu'en 1906, dans son Essai d'une bibliographie spéciale des livres perdus, ignorés ou connus à l'état d'exemplaire unique, Armand Delpy en est réduit à dire que cette édition des Prophéties de Michel Nostradamus est " absolument introuvable ". Il faudra attendre en 1983 la création à Lyon des Amis de Michel Nostradamus et un travail de recensement exhaustif, entrepris à travers le monde, par Robert Benazra pour que l'on arrive enfin à pouvoir localiser, coup sur coup, deux exemplaires : l'un en France, à la Bibliothèque Municipale d'Albi, dans le fonds Rochegude, et le second à la Bibliothèque Nationale d'Autriche à Vienne. Quelle fut notre surprise lorsque nous avons procédé à une comparaison attentive des deux ouvrages pour constater des variantes plus ou moins importantes et ce, pratiquement sur l'ensemble du texte. Il semble bien qu'au cours du tirage, Michel Nostradamus ou son mandataire, ait pu détecter des coquilles qui furent ensuite corrigées ; celles-ci ne pouvant pas être effectuées sur les feuilles du livre déjà imprimées, on peut, de ce fait, trouver différents états d'un même tirage, avant et après correction. Dans son étude sur l'Imprimerie à Lyon au temps de Dolet, Guy Parguez indique que cela était à cette époque, relativement courant et précise que l'on peut trouver, à la limite, autant d'états que d'exemplaires suivant que le volume, une fois broché ou relié, possède ou non tout ou partie des corrections. En 1557, Michel Nostradamus se décide à donner au public, et ce toujours à Lyon, une édition plus complète avec 300 nouvelles prophéties qui n'ont encore jamais été imprimées, soit en fait les Centuries I à V complètes, 99 quatrains de la Centurie VI et 40 quatrains de la Centurie VII. C'est l'imprimeur Antoine du Rosne qu'il choisit pour publier cette nouvelle édition dont les exemplaires connus, comme pour 1555, sont extrêmement rares. Celui conservé naguère par la Bibliothèque de Munich a disparu en 1942, emprunté par un proche d'Adolf Hitler, comme cela est encore inscrit sur l'inventaire manuscrit de cette bibliothèque ; il pourrait s'agir de Goebbels en personne, vu l'intérêt maladif que ce dernier portait à Michel Nostradamus. Le Comte Carl Graf von Klinckowstroem pense qu'il aurait pu se trouver dans une des caisses de livres qui quittèrent précipitamment Berchtesgaden, la résidence d'Hitler, pour une destination inconnue. Est-ce cet exemplaire qui se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque Lénine de Moscou ? Les tractations actuellement en cours entre l'Allemagne et l'ex URSS sur le statut des oeuvres d'art volées pendant la Deuxième Guerre Mondiale permettront, peut-être de confirmer cette hypothèse... Par contre nous connaissons deux autres exemplaires de l'édition de 1557, l'un se trouve à la Bibliothèque Nationale à Budapest que nous avons reproduit en fac-similé en 1993 et le second à la Bibliothèque Universitaire d'Utrecht. A nouveau, ils offrent la particularité d'être totalement différents et les achevés d'imprimer, datés respectivement des 6 Septembre et 3 Novembre 1557, permettent d'attester le succès de ce livre puisqu'il fut réimprimé en moins de deux mois seulement ! C'est seulement en 1568, soit deux ans après la mort de Michel Nostradamus, survenue le 2 Juillet 1566, que sont publiées à Lyon chez Benoît Rigaud les Centuries VIII à X complètes, précédées d'une lettre à Henri II, Roi de France, datée de Salon-de-Provence, le 27 Juin 1558. Aujourd'hui encore, on se perd en conjectures sur le délai de dix ans qui s'est écoulé entre 1558 et 1568 ; il n'est pas exclu qu'une autre édition ait bien été imprimée en 1558, celle qui se trouve mentionnée sur les pages de titre des Prophéties du XVIIe siècle, mais malgré nos recherches, nous n'en avons trouvé aucune trace. Avec ces trois nouvelles Centuries, le corpus prophétique de Michel Nostradamus est enfin complet. Le destin de ce texte est scellé, rythmé à intervalles réguliers par les crises majeures de l'humanité, avec constance depuis plus de quatre siècles ; texte récupéré et détourné de son sens originel, foncièrement obscur, par des exégètes mercantiles sans aucun scrupule ! Michel
Chomarat © DR – Bibliothèque
de Lyon
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